UE ou USA : le piège du faux choix qui affaiblit la Suisse

On nous enferme dans un faux dilemme : choisir Bruxelles ou Washington, l’UE ou les États-Unis, comme s’il n’existait que deux avenirs possibles pour la Suisse. Ce débat binaire est une impasse. Pendant que l’opinion se divise sur des loyautés idéologiques, l’essentiel se joue ailleurs : dans des mécanismes juridiques discrets qui vident notre souveraineté normative, et dans une dépendance monétaire massive qui expose notre pays à des risques colossaux. Ce texte ne choisit aucun camp. Il défend un principe : l’indépendance réelle de la Suisse, par les faits et par les chiffres. 

Le débat public suisse se crispe dans une opposition binaire stérile : pro-UE contre pro-USA. Les uns rêvent d’une intégration technocratique présentée comme rationnelle ; les autres s’abandonnent à l’illusion d’une protection américaine par affinité idéologique. Ce clivage est confortable — et totalement à côté des enjeux réels. Pendant que l’on se dispute les drapeaux, deux menaces structurelles avancent, discrètes mais déterminantes.

1) La menace

juridique et normative : l’adhésion par effraction

Derrière l’étiquette rassurante de « bilatérales III » se cache une réalité brutale : une adhésion juridique détournée et irréversible au droit de l’Union européenne.

Reprise dynamique du droit, mécanismes de règlement des différends hors souveraineté, sanctions automatiques : ce paquet n’a rien de bilatéral. Il est unilatéral.

Quelques faits qui fâchent :

  • La Suisse affiche ~25 milliards CHF de déficit commercial annuel avec l’UE. Sur dix ans : ~250 milliards CHF. Nous sommes clients, pas partenaires égaux.

  • Selon économiesuisse, l’impact attendu sur nos exportations serait ~0,3% par an (≈ 500 millions CHF). Autant dire négligeable face aux abandons institutionnels demandés.

C’est une annexion normative par la technique, sans vote d’adhésion, sans débat de fond — et surtout sans réversibilité.

2) La menace

monétaire : la dépendance par le dollar

Pendant que l’attention se focalise sur Bruxelles, la dépendance la plus dangereuse s’installe ailleurs : au cœur du bilan de la Banque nationale.

La Banque nationale suisse détient environ 360 milliards CHF en titres américains. Autrement dit, une part massive de la richesse nationale est exposée à la dette des États-Unis — une dette structurellement déficitaire, financée par création monétaire.

Conséquences :

  • Vulnérabilité systémique au dollar (sanctions, pressions extraterritoriales, chocs de taux).

  • Effet Cantillon : l’inflation agit comme un impôt caché, détruisant l’épargne et favorisant les premiers bénéficiaires de la création monétaire.

  • Chantage stratégique : l’histoire récente montre que Washington n’hésite pas à instrumentaliser la finance — y compris via des pressions sur l’or (raffinage, normes, audits, flux).

La monnaie fiat n’est pas neutre. Elle est un instrument de puissance. Et l’exposition actuelle lie la stabilité suisse aux choix budgétaires et géopolitiques de Washington.

Sortir du piège binaire

Opposer « euro-fanatiques » et « trumpistes » est une diversion. La souveraineté suisse ne se choisit pas entre deux empires. Elle se construit :

  • par le refus d’une intégration juridique irréversible ;

  • par la réduction drastique de l’exposition au dollar ;

  • par la sanctuarisation de l’or et des infrastructures stratégiques ;

  • par le contrôle démocratique des orientations monétaires.

Comme le rappelait J. P. Morgan : « L’or est de la monnaie. Tout le reste est du crédit. »

Conclusion

Le vrai choix n’est pas UE ou USA.

Le vrai choix est souveraineté ou soumission.

La Suisse n’a pas à choisir un maître plus poli ou plus brutal. Elle doit refuser la dépendance, récupérer la maîtrise juridique, assainir son exposition monétaire — et redevenir ce qu’elle prétend être : indépendante par les faits, pas par les slogans.

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