L’or et l’argent ne montent pas : ce sont les monnaies fiat qui s’effondrent

Les métaux précieux ne « s’envolent » pas par caprice — ils parlent.
En un an, l’or a progressé de près de 80 %, l’argent de 150 %, le cuivre de plus de 40 %. Trois marchés, trois usages, une même conclusion : ce ne sont pas les métaux qui montent, ce sont les monnaies fiat qui s’effondrent. Réduire ce basculement historique à une mode spéculative ou à un épisode géopolitique, c’est refuser de voir l’essentiel : un référendum mondial silencieux est en cours, et il vise le cœur du système monétaire actuel.

 

Début 2026, les chiffres sont sans appel — et ils ne relèvent plus de l’anecdote spéculative.

  • Or : +70 % depuis début 2025, +80 % sur un an, au-delà de 4 500 USD/oz fin 2025, avec des projections autour de 5 500 USD/oz dès début 2026.
  • Argent : +150 % sur l’année 2025, dépassant 110 USD/oz en janvier 2026 après une décennie de sous-performance.
  • Cuivre : +43 % en 2025, meilleure performance depuis 2009, avec des sommets au-delà de 11 700 USD/tonne.

Ces mouvements ne sont ni synchrones par hasard, ni explicables par une simple tension géopolitique ou un cycle industriel. Ils pointent tous vers la même cause : la perte de crédibilité structurelle du système monétaire fiat.

Ce que disent vraiment les métaux

L’or et l’argent ne sont pas des actifs de croissance.

Ils sont des unités de mesure.

Lorsqu’ils établissent record sur record, ce n’est pas eux qui “créent de la valeur” — ce sont les monnaies de décret qui perdent du pouvoir d’achat réel sous l’effet cumulé de la dette perpétuelle, de la création monétaire hors sol et de la fuite en avant budgétaire.

Chaque sommet atteint est un constat : la promesse monétaire n’est plus crue.

L’argent : le thermomètre que l’on a tenté de briser

Si l’argent a longtemps sous-performé, ce n’est pas par hasard.

  • Rareté physique : ratio géologique or/argent ≈ 1 pour 15, très éloigné des ratios de marché papier imposés artificiellement pendant des années.
  • Métal stratégique : indispensable à l’électrification, au photovoltaïque, à l’électronique avancée et à la défense — une reconnaissance US officielle arrivée avec des décennies de retard.
  • Fin de l’illusion papier : la demande de livraison physique, notamment en Asie, fait apparaître des écarts de prix persistants entre marchés occidentaux et asiatiques — symptôme d’un marché fractionnaire à bout de souffle.
  • Tension sur le réel : lorsque les détenteurs de contrats exigent du métal et non des règlements cash, la fiction disparaît.

L’argent ne “rattrape” pas l’or : il se libère.

Manipulations : faits établis, pas thèse alternative

Les condamnations répétées de grandes banques d’investissement pour manipulations sur l’or, l’argent et le cuivre sont documentées.

Lorsque ces pratiques cessent — ou deviennent intenables — le prix ne s’emballe pas : il rejoint la réalité physique.

Le signal des grands acteurs

Quand les plus grands gestionnaires d’actifs mondiaux privilégient l’exposition au métal livré plutôt qu’aux promesses papier, ce n’est pas une spéculation opportuniste.

C’est un changement de régime.

Le marché ne fait plus confiance aux créances sur le métal. Il exige le métal.

Le cuivre : la prochaine contrainte systémique

Après les métaux monétaires, le métal industriel stratégique suit la même logique :

sous-investissement chronique, délais miniers incompressibles, explosion des besoins liés à l’électrification, aux data centers et aux infrastructures critiques.

La hausse du cuivre n’est pas cyclique. Elle est structurelle.

Ce qui s’effondre n’est pas un prix, mais un système

La flambée simultanée de l’or, de l’argent et du cuivre n’est pas une mode.

C’est un référendum mondial silencieux contre :

  • la dette sans limite,
  • la monnaie créée par décret,
  • la confiscation du pouvoir d’achat par dilution.

Les métaux précieux ne promettent rien.

Ils ne gouvernent pas.

Ils constatent.

Et leur verdict est désormais clair : la confiance a quitté le système fiat.