Baisse de l’or et de l’argent ? La vieille ruse monétaire avant la dernière envolée

À chaque soubresaut du cours de l’or ou de l’argent, la même musique revient : « la fête est finie », « la bulle éclate », « il faut vendre ». Ce réflexe n’est pas anodin. Il surgit toujours quand le système monétaire montre ses fissures les plus visibles. Car derrière une baisse ponctuelle des métaux se joue bien autre chose qu’une simple correction de marché : une bataille silencieuse entre la monnaie réelle et la monnaie de papier. Comprendre ce moment, c’est comprendre pourquoi ceux qui paniquent perdent — et pourquoi ceux qui lisent entre les lignes renforcent leurs positions.

 

À chaque correction des métaux précieux, le même récit ressurgit : « la bulle éclate », « le marché se retourne », « l’or va corriger durablement ».

Ce narratif est ancien, rodé — et trompeur. Il sert moins à informer qu’à désarmer les épargnants au moment précis où la valeur réelle de la monnaie est remise en cause.

La correction : un scénario tactique, pas un retournement

Oui, une baisse de courte durée est possible. Mais elle n’a rien de naturel. Historiquement, ces phases ont été orchestrées par un petit nombre d’acteurs disposant d’outils hors de portée du marché réel : banques d’affaires, marchés dérivés hypertrophiés, et parfois collusion tacite avec certaines banques centrales.

L’objectif est simple et brutal : faire peur, provoquer des ventes paniques, racheter à bas prix.

Dans le langage cru des salles de marché : tondre les moutons.

Comme l’écrivait Ferdinand Lips, auteur de Gold Wars :

« Le marché de l’or n’est pas un marché libre. Il est géré afin de préserver l’illusion de la stabilité monétaire. »

Pourquoi ce scénario est de moins en moins crédible

La mécanique qui permettait ces manipulations s’enraye :

  • Explosion du physique : les demandes de livraison augmentent, les stocks disponibles se contractent.
  • Achats des banques centrales : plus de 1 000 tonnes d’or par an depuis trois ans — un niveau sans précédent dans l’histoire moderne.
  • Perte de contrôle du marché papier : quand les détenteurs exigent le métal, le contrat ne suffit plus.

Lips l’avait résumé sans détour :

« On peut manipuler un prix papier longtemps. On ne manipule pas la réalité physique indéfiniment. »

La lecture de l’école autrichienne : ce ne sont pas les métaux qui montent, ce sont les monnaies qui meurent

Pour l’école autrichienne, la hausse de l’or n’est pas spéculative — elle est révélatrice.

Ludwig von Mises écrivait déjà :

« Il n’existe aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boom provoqué par l’expansion du crédit. La seule question est de savoir si la crise survient plus tôt par l’abandon volontaire, ou plus tard par l’effondrement total du système monétaire. »

La dette mondiale dépasse désormais 300 000 milliards de dollars, soutenue par une création monétaire sans contrepartie productive.

Dans ce contexte, l’or et l’argent ne sont pas des actifs : ce sont des baromètres de faillite.

L’argent : le révélateur le plus explosif

L’argent métal est le maillon faible du système :

  • Ratio géologique or/argent ≈ 1 pour 15
  • Ratio de marché longtemps maintenu bien au-delà
  • Métal à la fois monétaire et industriel
  • Marché étroit, donc ingérable en cas de ruée

Lorsque l’argent monte violemment, ce n’est pas un excès : c’est un décrochage de contrôle.

Et l’immobilier ?

Même l’immobilier, longtemps présenté comme valeur refuge, n’échappera pas à l’ajustement. Surévalué, dépendant du crédit, fiscalisé, illiquide, il reste adossé à la même monnaie fiat en décomposition. La pierre protège contre l’inflation modérée — pas contre la dislocation monétaire.

Conclusion

Une baisse de l’or ou de l’argent n’est ni un krach ni un retournement.

C’est le dernier réflexe d’un système à bout de souffle, tentant de retarder l’inévitable.

Après chaque correction artificielle, l’histoire montre la même chose :

une reprise plus rapide, plus violente, plus verticale.

L’or et l’argent ne promettent rien.

Ils ne font qu’exposer une vérité que le système préfère taire :

quand la monnaie trahit, le métal se souvient.