FER : la fabrique de la peur au service de la propagande

Quand une organisation censée défendre l’économie bascule dans la mise en scène de la peur, ce n’est plus un débat — c’est une tentative d’influence. Avec des visuels sombres, des slogans simplistes et des scénarios catastrophes, la FER abandonne l’argumentation pour la manipulation. Derrière ces images choc, une stratégie claire : court-circuiter la réflexion et orienter l’opinion. Mais à force de prendre les citoyens pour un public à convaincre plutôt qu’à respecter, c’est sa propre crédibilité que la fédération met en jeu.

 

La Fédération des entreprises romandes (FER) ne fait plus de la représentation économique. Elle fait de la propagande. Et pas la plus subtile : une mise en scène grossière, anxiogène, presque caricaturale, qui réduit un débat démocratique complexe à des peurs primaires soigneusement mises en vitrine.

Brandir des images de « quartiers sans vie » et agiter le spectre d’une « Suisse sans enfants » n’a rien d’un argument. C’est une technique de manipulation psychologique digne des pires recettes marketing : créer une angoisse, simplifier à l’extrême, puis orienter la réaction. On n’est plus dans l’analyse, mais dans la vente. Comme des marchands de lessive qui promettent un monde plus propre à coups de slogans creux et d’images choc.

Ce qui est inquiétant, ce n’est pas seulement le message. C’est le mépris qu’il révèle pour l’intelligence des citoyens. Croire qu’un peuple habitué à la démocratie directe peut être guidé par des ficelles aussi visibles relève d’une forme d’arrogance.

À force de vouloir influencer à tout prix, la FER abîme ce qu’elle prétend défendre. Elle décrédibilise la parole économique, affaiblit le débat public et expose les entreprises qu’elle représente à un retour de bâton légitime. Beaucoup d’entre elles méritent mieux qu’une communication dystopique, sans nuance, sans rigueur, sans scrupules.

Une organisation censée incarner le sérieux et la responsabilité du tissu économique romand se transforme ici en machine à slogans. Et cela, oui, c’est une véritable honte pour les entreprises genevoises qui se retrouvent associées à ce spectacle.