🇨🇭 Suisse-UE : le grand bluff de l’alignement dynamique et la démission du journalisme

Lors de son passage sur le plateau de RTS Forum ce 17 mai 2026, Chantal Tauxe a levé le voile sur une réalité dérangeante. Celle qui se présente volontiers sous l’étiquette de « journaliste indépendante » a une nouvelle fois confondu l’analyse factuelle avec le militantisme le plus décomplexé. En tant que vice-présidente du Mouvement européen suisse (NOMES), sa posture pose une question déontologique fondamentale au regard de la Déclaration des devoirs et des droits des journalistes (Charte de Munich, 1971), dont le premier devoir exige de « respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour soi-même » et de ne jamais confondre la profession de journaliste avec celle de propagandiste ou de lobbyiste.

En affirmant, face au virage protectionniste de l’Union europĂ©enne, que la Suisse doit « choisir son camp » car il s’agirait d’un « choix de sociĂ©tĂ© », le ton est donnĂ© : une rhĂ©torique binaire et anxiogène qui rappelle les heures les plus sombres de la polarisation block contre block, l’idĂ©ologie des forces en prĂ©sence en moins.

L’illusion de la « stabilisation »

RĂ©cemment, le conseiller fĂ©dĂ©ral Guy Parmelin constatait avec luciditĂ© : « Le partenaire europĂ©en devait devenir plus stable, il devient imprĂ©visible ». Ce constat ne devrait surprendre personne. La stabilisation des relations est un objectif purement helvĂ©tique, absolument pas europĂ©en. Pour Bruxelles, l’objectif est et reste le « dĂ©veloppement », c’est-Ă -dire la poursuite implacable de l’intĂ©gration Ă  partir du paquet institutionnel. L’UE avance cartes sur table ; c’est Berne qui feint de ne pas voir le prĂ©cipice.

Prenez l’exemple brandi par Chantal Tauxe sur les nouvelles taxes europĂ©ennes sur l’acier. Selon elle, la Norvège, membre de l’Espace Ă©conomique europĂ©en (EEE), en serait dispensĂ©e contrairement Ă  la Suisse. C’est doublement faux et juridiquement trompeur.

  1. Les exportations suisses d’acier vers l’UE sont pourtant protĂ©gĂ©es par l’Accord de libre-Ă©change de 1972. En imposant ces taxes, l’UE viole unilatĂ©ralement un traitĂ© existant.
  2. L’UE n’a cure des statuts de ses partenaires : elle a appliquĂ© cette annĂ©e des mesures similaires Ă  la Norvège sur les ferro-alliages, au mĂ©pris de son appartenance Ă  l’EEE.

La diffĂ©rence fondamentale rĂ©side dans le règlement des diffĂ©rends. Si les NorvĂ©giens, rĂ©voltĂ©s, peuvent saisir la Cour de l’AELE, l’accord d’intĂ©gration que l’on veut imposer Ă  la Suisse soumettrait nos litiges Ă  la Cour de justice de l’Union europĂ©enne (CJUE). En clair : l’UE y serait Ă  la fois juge et partie.

Le piège de l’alignement dynamique : l’exemple du chĂ´mage des frontaliers

Le cas du nouveau rĂ©gime de prestations de chĂ´mage pour les frontaliers annoncĂ© par la Commission europĂ©enne est un cas d’Ă©cole. Ă€ l’antenne, le discours lĂ©nifiant de la lobbyiste du NOMES tourne en boucle : « Il faudra nĂ©gocier (…) La Suisse ne va pas devoir gĂ©rer les chĂ´meurs frontaliers du jour au lendemain ».

C’est un mensonge par omission. Sur le fond, il n’y aura absolument rien Ă  nĂ©gocier. Il s’agit d’une rĂ©vision unilatĂ©rale des règlements europĂ©ens 883/2004 et 987/2009 dans le champ de la libre circulation des personnes.

Sous le rĂ©gime de l’« alignement dynamique » prĂ©vu par les nouveaux accords institutionnels, la Suisse n’aura pas le choix : elle devra adopter automatiquement ce type de rĂ©glementation. Ce mĂ©canisme transforme notre dĂ©mocratie directe en une simple chambre d’enregistrement des directives bruxelloises. Le domaine du chĂ´mage des frontaliers n’est que la face Ă©mergĂ©e de l’iceberg : ce sont au total huit grands domaines qui seront soumis, dans un premier temps, Ă  la production lĂ©gislative foisonnante et imprĂ©visible de l’UE.

Pour la dĂ©fense de la souverainetĂ© et de l’Ă©thique

En choisissant de dĂ©fendre les intĂ©rĂŞts d’une puissance Ă©trangère plutĂ´t que les faits juridiques, les euro-fanatiques ne cherchent pas Ă  informer, mais Ă  formater l’opinion publique par la peur de l’isolement.

La Suisse n’a pas Ă  « choisir un camp » comme si elle Ă©tait un protectorat en quĂŞte de maĂ®tre. Elle doit dĂ©fendre son modèle de souverainetĂ©, ses accords bilatĂ©raux existants et refuser un mĂ©canisme institutionnel qui lie les mains de son peuple et de ses cantons. Quant aux professionnels des mĂ©dias qui ont choisi le militantisme actif, ils honoreraient leur profession en tombant le masque de l’indĂ©pendance pour assumer pleinement leur rĂ´le de dĂ©marcheurs politiques.

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