🇨🇭 Les technocrates de la peur : quand la bureaucratie policière dicte sa loi

« Ce n’est en principe pas mon rôle de faire campagne. »

En prononçant cette phrase dans les colonnes du Blick, Karin Kayser-Frutschi vend la mèche. La directrice de la sécurité du canton de Nidwald (Le Centre) avoue explicitement ce que tout citoyen lucide a constaté : son intervention publique est une anomalie institutionnelle. Pourtant, elle passe outre son devoir de réserve pour agiter le chiffon rouge d’une Suisse transformée en « refuge pour le crime organisé » si le peuple venait à accepter l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ».

Cette sortie médiatique outrancière ne relève pas de l’information factuelle, mais d’un lobbying politique agressif mené par une haute fonction publique inféodée aux dogmes bruxellois. Il est temps de démonter point par point cette rhétorique de la peur et de mettre en lumière les dérives de la gouvernance parallèle qui ronge nos institutions.

1. Le chantage à l’isolement sécuritaire : l’imposture du « tout-Schengen »

L’argument de K. Kayser-Frutschi : L’acceptation de l’initiative nous priverait des accords de Schengen et de Dublin. Sans l’accès aux bases de données européennes (SIS), nos policiers enquêteraient « pratiquement à l’aveugle ».

La réalité : Ce narratif apocalyptique repose sur un mensonge par omission. La coopération policière internationale n’a pas commencé avec l’Union européenne, et elle ne s’arrêtera pas avec la régulation de notre démographie. Des structures éprouvées comme Interpol, les accords d’entraide judiciaire bilatéraux et les offices de liaison directs avec nos pays voisins constituent des piliers bien plus solides et anciens que la bureaucratie de Bruxelles.

Prétendre que la Suisse deviendrait un paradis pour le grand banditisme est une insulte au professionnalisme de nos forces de l’ordre et à l’intelligence des électeurs. Le Royaume-Uni, par exemple, a quitté le système SIS lors du Brexit sans pour autant voir ses services de renseignement devenir « aveugles ». La sécurité d’un État souverain repose d’abord sur la maîtrise de ses propres frontières, et non sur la dépendance exclusive aux serveurs informatiques de ses voisins.

2. Le sophisme de l’asile : inverser la réalité de l’accord de Dublin

L’argument de K. Kayser-Frutschi : « Sans l’accord de Dublin, la Suisse deviendrait le seul pays d’Europe où une personne déboutée ailleurs pourrait encore déposer une demande d’asile. »

La réalité : C’est un retournement spectaculaire de la réalité du terrain. Le système de Dublin est cliniquement mort depuis la crise migratoire de 2015. Des pays de première entrée comme l’Italie ou la Grèce ne réenvisagent même plus de reprendre les requérants qui ont transité par chez eux, préférant les laisser filer vers le nord. La Suisse applique des règles face à un système européen qui ne fonctionne que sur le papier.

Affirmer qu’une Suisse souveraine, maîtresse de ses frontières, attirerait plus de clandestins est un contresens total. C’est précisément l’absence de contrôles physiques aux frontières de la Confédération — induite par Schengen — qui fait de la Suisse une passoire et un hub de transit idéal pour les réseaux de passeurs.

3. La filiation idéologique : quand les cadres de la police s’alignent sur Bruxelles

L’argumentaire de Karin Kayser-Frutschi s’inscrit en droite ligne de la posture récemment adoptée par la direction de la Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police (FSFP). Nous assistons à une convergence d’intérêts inquiétante entre la haute bureaucratie sécuritaire helvétique et les instances de l’UE.

À force de fréquenter les cercles de décision, les groupes de travail et les comités d’agences à Bruxelles ou Strasbourg, les cadres de notre police ont développé une dépendance idéologique. La fluidité administrative et le confort des processus centralisés à l’échelle européenne y sont systématiquement privilégiés au détriment du contrôle rigoureux de notre territoire. Sur le terrain, le policier de base constate chaque jour que l’immigration de masse et la libre circulation facilitent la criminalité transfrontalière ; mais au sommet, la technocratie préfère protéger ses outils de liaison avec l’Europe sans frontières.

La dérive des Conférences cantonales : une gouvernance parallèle sans mandat populaire

Au-delà de l’asile et de Schengen, l’intervention de Karin Kayser-Frutschi en tant que présidente de la Conférence des directrices et directeurs des départements cantonaux de justice et police (CCDJP) pose un problème démocratique majeur.

Ces conférences de directeurs cantonaux (que ce soit pour la police, l’instruction publique ou la santé) se sont transformées au fil des décennies en de véritables structures de gouvernance parallèle :

  • Zéro légitimité démocratique : Ces organes n’ont aucune base constitutionnelle fédérale. Les présidents de ces conférences n’ont jamais reçu de mandat populaire pour harmoniser la politique du pays ou mener des campagnes politiques à l’échelle nationale.
  • Un levier de lobbying opaque : Dotées de secrétariats permanents et d’un budget confortable alimenté par l’argent du contribuable, ces conférences fonctionnent comme des ligues de défense bureaucratiques. Elles exercent un lobbying féroce sur le Conseil fédéral et les Chambres, court-circuitant ainsi les parlements cantonaux et le peuple souverain.
  • Une harmonisation forcée : Sous couvert de « coordination technique », ces structures imposent des agendas centralisateurs et pro-européens à l’abri des processus démocratiques traditionnels.

Conclusion : Reprendre le contrôle face aux technocrates

Voir une représentante d’un organe exécutif cantonal utiliser sa fonction pour faire la leçon aux citoyens à la veille d’une votation cruciale est le symptôme d’un système politique qui marche sur la tête. La panique qui s’empare des directions policières et des cercles europhiles démontre une chose : ils craignent par-dessus tout de devoir réapprendre à gérer une frontière nationale et à rendre des comptes au peuple.

La sécurité de la Suisse ne se négocie pas à Bruxelles, et son avenir démographique ne doit pas être dicté par des comités de fonctionnaires non élus. Le 14 juin, face à la coalition de la peur qui réunit syndicats patronaux, partis du système et technocrates de la sécurité, le peuple suisse a l’occasion de rappeler qui est le seul et unique souverain dans ce pays.

Retour en haut