🇨🇭 G7 d’Évian : Le contribuable genevois paie l’addition de la soumission.

9 juillet 2026

Avant mĂŞme que la première dĂ©lĂ©gation ne foule le tarmac de Cointrin, le Conseil d’État genevois avait Ă©tĂ© solennellement mis en garde. En mai dernier, des voix s’élevaient pour dĂ©noncer l’irresponsabilitĂ© politique que reprĂ©sentait l’autorisation de la manifestation « No-G7 ». Aujourd’hui, l’heure des comptes est arrivĂ©e, et le bilan est accablant. Ce qui nous Ă©tait prĂ©sentĂ© comme une « gestion des responsabilitĂ©s » n’est en rĂ©alitĂ© que le point final d’une partition jouĂ©e sous la dictĂ©e d’Emmanuel Macron, acceptĂ©e dans la docilitĂ© par Berne, et payĂ©e au prix fort par le contribuable genevois.

Le scandale du fait accompli et l’abdication diplomatique

Dans les colonnes de L’AGEFI, la Conseillère d’État chargée de la sécurité, Carole-Anne Kast, lâche un aveu terrible qui résume à lui seul la faillite de nos autorités : « l’événement s’est imposé à nous ».

Depuis quand la souverainetĂ© de notre ConfĂ©dĂ©ration et de nos cantons se dissout-elle devant les oukases d’une puissance voisine ? La dĂ©cision unilatĂ©rale de la France de placer le sommet du G7 Ă  Évian, Ă  un jet de pierre de nos frontières, constituait une provocation logistique et sĂ©curitaire. Face Ă  ce fait accompli, la rĂ©action de la dĂ©lĂ©gation suisse et du conseiller fĂ©dĂ©ral Ignazio Cassis a Ă©tĂ© d’une faiblesse insigne. Aucune fermetĂ©, aucune nĂ©gociation digne de ce nom.

Le gouvernement genevois, plutĂ´t que de courber l’Ă©chine, aurait très bien pu s’opposer politiquement Ă  l’utilisation intensive de nos infrastructures pour un Ă©vĂ©nement qui ne nous concernait pas. Pourquoi n’avoir pas tapĂ© sur la table ? Pourquoi les nĂ©gociateurs suisses n’ont-ils pas exigĂ© que l’aĂ©roport de Lyon-Saint-ExupĂ©ry soit le plan A pour la logistique française ? Lyon disposait des infrastructures nĂ©cessaires. Mais l’inflexibilitĂ© française a terrassĂ© la candeur de nos diplomates, trop « confiants » – pour ne pas dire naĂŻfs – face Ă  un exĂ©cutif parisien qui savait pertinemment qu’il trouverait en Suisse une zone d’absorption idĂ©ale et gratuite.

La soumission cantonale : Genève, assureur des risques de Paris

Le rĂ©sultat de cette absence de pugnacitĂ© est une humiliation financière et institutionnelle. Aujourd’hui, la France refuse purement et simplement d’entrer en matière sur une quelconque participation financière. En 2003, Paris avait au moins consenti Ă  verser 15 millions d’euros pour les dĂ©gâts du G8. En 2026, la rĂ©ponse de l’ÉlysĂ©e est le mĂ©pris.

Et qui paie la facture de ce manque de poigne ? Le contribuable genevois. Sur une ardoise totale de près de 32 millions de francs, et après déduction de la part fédérale, ce sont 20 millions de francs qui restent à la charge exclusive du canton de Genève. Vingt millions de dépenses contraintes, déjà englouties alors même que le canton navigue à vue sous le régime des douzièmes provisoires suite au refus du budget ! À cela s’ajoutent les centaines de millions de francs de pertes économiques sèches subies par les commerces locaux, otages d’une ville morte et incitée au télétravail forcé pendant une semaine.

La doctrine Kast : l’idéologie face au principe de précaution

La position de Carole-Anne Kast dans cette crise est profondĂ©ment prĂ©occupante. En se fĂ©licitant aujourd’hui d’un « succès » au motif qu’il n’y a pas eu de drame absolu, elle tente de faire oublier qu’elle a exposĂ© la population, les commerces et les forces de l’ordre Ă  un risque majeur et Ă©vitable en autorisant le cortège du 14 juin. Les centaines de casseurs venus en dĂ©coudre et les dĂ©prĂ©dations subies par les privĂ©s rappellent que la culture du fait accompli a aussi Ă©tĂ© appliquĂ©e au Grand Conseil genevois, court-circuitĂ© par l’exĂ©cutif.

PrĂ©tendre que « le canton refuserait la mĂŞme chose dans 23 ans » sous prĂ©texte d’assumer ses responsabilitĂ©s internationales n’est pas une preuve de courage politique ; c’est l’aveu d’une culture de la soumission Ă©rigĂ©e en doctrine d’État.

La Suisse n’est pas le protectorat rĂ©crĂ©atif des sommets français, et Genève n’a pas Ă  ĂŞtre la bĂ©quille sĂ©curitaire et financière de Paris. Cette gestion post-G7 laissera une trace indĂ©lĂ©bile : celle d’une autoritĂ© cantonale et fĂ©dĂ©rale qui a confondu la tradition d’accueil de la Genève internationale avec l’acceptation servile des coĂ»ts et des risques imposĂ©s par l’Ă©tranger. Les citoyens et les contribuables s’en souviendront.

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