30 juillet 2026
Il est des articles qui sentent la naphtaline feutrée des salons bernois et la soumission préventive. Celui publié par L’Agefi sous la plume de Guillaume Meyer s’inscrit magistralement dans cette tradition : un exercice délicat de « passage de pommade stérile » pour une autorité de régulation en perdition, la FINMA. Alors même que le Tribunal administratif fédéral (TAF) vient de lui infliger un camouflet historique en annulant ses sanctions arbitraires dans l’affaire VP Bank, l’éditorialiste s’efforce de sauver les meubles d’un gendarme financier de plus en plus hors-sol.
Face Ă cette tentative de dĂ©diabolisation, la note d’orientation stratĂ©gique de l’Association SouverainetĂ© Suisse, portĂ©e par Ludovic Malot, tombe Ă pic. Elle ne se contente pas de recadrer le dĂ©bat : elle pose le bon diagnostic pour une institution devenue un vĂ©ritable cheval de Troie technocratique. La destination de la FINMA n’est pas l’extension de ses pouvoirs, mais sa mise en extinction pure et simple : la poubelle administrative.
Un régulateur arrogant affranchi du droit et du peuple
L’arrêt du TAF dans l’affaire VP Bank est une douche froide pour la direction de la FINMA, incarnée par Stefan Walter et Marlene Amstad. En pointant du doigt un « biais rétrospectif » et une fabrication de culpabilité à rebours, les juges rappellent une vérité fondamentale : la FINMA ne peut s’asseoir sur l’État de droit sous prétexte de satisfaire des oukases internationaux.
Pourtant, L’Agefi prĂ©fère voir dans cette affaire un simple « rappel Ă la rigueur », suggĂ©rant naĂŻvement qu’un peu plus de bonne volontĂ© suffirait Ă rĂ©concilier le gendarme et les banques. C’est faire preuve d’une aveuglante naĂŻvetĂ©.
Le problème de la FINMA n’est pas un simple dysfonctionnement de procédure, c’est une dérive structurelle profonde :
- Aucun mandat populaire : La FINMA tire l’essentiel de sa doctrine des oukases de l’OCDE, du GAFI et des standards anglo-saxons (comme en tĂ©moigne la funeste importation de modèles de risques exogènes par des figures de la finance spĂ©culative). Le citoyen suisse, souverain selon les articles 5 et 136 de la Constitution, n’a jamais votĂ© ces normes.
- Le contournement du Parlement : En s’émancipant de la haute surveillance de l’Assemblée fédérale (Art. 148 et 173 Cst.), l’autorité de surveillance s’est transformée en un État dans l’État, dictant sa loi par la bande et étranglant la sphère privée des citoyens et des entreprises (Art. 13 et 26 Cst.) sous des montagnes de conformité kafkaïenne.
Le bilan de la faillite : Credit Suisse et le « Too Big To Fail »
Avant d’accorder le moindre pouvoir de sanction accru ou un Senior Managers Regime Ă la FINMA, faisons les comptes. Quel est le bilan rĂ©el de cette super-structure ?
- L’affaire Greensill (2021) : 10 milliards de dollars volatilisés sous le nez d’un régulateur aveugle.
- La faillite d’Archegos (2021) : 5,5 milliards de pertes pour la place financière.
- L’effondrement de Credit Suisse (2023) : Une institution certifiée « robuste et conforme » par la FINMA jusqu’à la veille de sa mort, soldée par une fusion forcée avec UBS créant un monstre dont le bilan dépasse deux fois le PIB suisse.
Prétendre renforcer une telle machine administrative, c’est confier l’incendie au pyromane. Le sauvetage d’UBS, adossé aux garanties géantes de la Confédération et aux largesses de la BNS, a transféré le risque ultime sur le contribuable suisse, piétinant la responsabilité budgétaire.
L’heure de la refonte totale : Vers la souveraineté financière
La Suisse n’est pas condamnée à subir ce modèle technocratique centralisé, étranger à sa tradition de décentralisation et de liberté. Des places financières comme le Canada, le Royaume-Uni ou les États-Unis compartimentent les risques, cloisonnent les pouvoirs et maintiennent un strict contrôle démocratique.
Les propositions formulĂ©es pour la rentrĂ©e d’aoĂ»t 2026 par l’Association SouverainetĂ© Suisse tracent la seule voie digne et salvatrice :
- La mise en extinction de la FINMA : Réattribution du contrôle prudentiel des risques systémiques à une direction spécialisée sous la supervision conjointe de la BNS et du Contrôle fédéral des finances, garantissant un droit de regard permanent du Parlement.
- Un verrou démocratique constitutionnel : Tout sauvetage financier massif doit être soumis au Souverain et à l’Assemblée fédérale, interdisant le transfert unilatéral des pertes spéculatives sur le contribuable.
- La priorité nationale (Swiss First Resolution) : Sanctuariser en cas de crise les dépôts de la clientèle helvétique, les avoirs des caisses de pension du 2e pilier et les crédits aux PME, tout en isolant la Suisse des dérives du trading offshore.
- La reconquête de notre indépendance : Mettre fin à la reprise automatique et moutonnière du droit mou international (OCDE, EAR, GAFI) qui asphyxie notre compétitivité et notre secret professionnel.
La stabilitĂ© de la Suisse n’a jamais reposĂ© sur la soumission Ă des agences bureaucratiques non Ă©lues, mais sur la responsabilitĂ© individuelle et la primautĂ© de la Constitution fĂ©dĂ©rale. Ă€ l’heure oĂą le Parlement s’apprĂŞte Ă trancher sur l’avenir de notre architecture prudentielle, il est temps de siffler la fin de la rĂ©crĂ©ation technocratique. Renvoyons la FINMA Ă ses chères Ă©tudes — ou plutĂ´t, Ă la poubelle administrative.
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