🇨🇭 FINMA : L’arbitraire d’un gendarme désavoué par la justice

15 juillet 2026

Le couperet est tombé, et il est implacable. Dans un arrêt capital daté du 16 juin et révélé ce 13 juillet 2026, le Tribunal administratif fédéral (TAF) a infligé un camouflet magistral à l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) en balayant l’intégralité de ses sanctions contre VP Bank (Suisse).

La sentence des juges de Saint-Gall est sans appel : ils dénoncent un « biais rétrospectif inadmissible » de la part du régulateur. Ce verdict, largement relayé par L’AGEFI, ne se contente pas de réhabiliter un établissement financier ; il met à nu la dérive structurelle, idéologique et méthodologique d’une autorité devenue incontrôlable.


Le “biais rétrospectif” : gouverner par l’arbitraire

Dans l’affaire VP Bank, la FINMA s’est livrée à son exercice favori : réécrire l’histoire a posteriori pour justifier des sanctions disproportionnées — notamment la confiscation de bénéfices — sur la base de simples lacunes documentaires ou de procédures internes perfectibles.

Le TAF a dû rappeler à l’ordre ce gendarme zélé : des manquements formels ne constituent pas, en soi, une violation grave du droit de la surveillance.

Ce « biais rétrospectif » est le symptôme d’une pathologie bureaucratique profonde. Faute de savoir anticiper les véritables séismes, la FINMA surcompense en s’acharnant sur les détails administratifs des acteurs de taille moyenne.

C’est la politique du parapluie réglementaire : se montrer d’une rigidité dogmatique sur la forme pour masquer son impuissance sur le fond.


Faible avec les géants, impitoyable avec les autres

Ce désaveu judiciaire résonne avec une force particulière à l’approche des débats parlementaires cruciaux d’août 2026 sur la révision de la loi sur les banques (« Lex UBS ») et le Public Liquidity Backstop.

Comment le Parlement pourrait-il décemment envisager d’octroyer de nouvelles compétences à la FINMA — telles qu’un pouvoir d’amende direct ou le très restrictif Senior Managers Regime — alors que ses décisions actuelles sont censurées par les tribunaux pour cause d’arbitraire juridique ?

Rappelons le bilan de la FINMA ces dernières années :

  • Greensill (2021) : IncapacitĂ© Ă  identifier les conflits d’intĂ©rĂŞts et les risques sur 10 milliards de dollars de fonds de Credit Suisse.
  • Archegos (2021) : Aveuglement total face aux expositions massives sur dĂ©rivĂ©s de grĂ© Ă  grĂ© (OTC), coĂ»tant 5,5 milliards de dollars Ă  notre place financière.
  • Effondrement de Credit Suisse (2023) : Une faillite systĂ©mique que la FINMA n’a ni anticipĂ©e ni endiguĂ©e, menant Ă  un usage abusif du droit d’urgence et Ă  une concentration bancaire inĂ©dite et ultra-risquĂ©e (le bilan d’UBS pèse dĂ©sormais plus de deux fois le PIB suisse).

La FINMA a échoué dans sa mission de prévention des risques systémiques majeurs. En revanche, elle excelle à harceler le tissu financier helvétique traditionnel par une avalanche de conformité bureaucratique qui étouffe la relation de confiance et viole le droit à la sphère privée (Art. 13 Cst.).


Le sursaut démocratique d’août 2026 : éteindre la FINMA

Dans la note d’orientation stratégique que l’Association Souveraineté Suisse a transmise aux membres des Commissions de l’économie et des redevances (CER-E / CER-N), le constat est limpide : l’architecture intégrée et omnipotente de la FINMA est une anomalie démocratique et un échec prudentiel.

La Suisse ne peut plus tolérer qu’une autorité administrative indépendante, sous influence directe de standards technocratiques internationaux déconnectés de notre culture, dicte sa loi en contournant le processus législatif ordinaire (Art. 5 et 148 Cst.).

Il est temps d’agir avec courage et de mettre en œuvre une refonte institutionnelle complète :

  • Mettre la FINMA en extinction progressive et rĂ©attribuer ses compĂ©tences.
  • SĂ©parer les pouvoirs : Confier la surveillance des risques macroĂ©conomiques et systĂ©miques (les banques “Too Big To Fail”) Ă  une direction spĂ©cialisĂ©e sous le contrĂ´le conjoint de la BNS et du ContrĂ´le fĂ©dĂ©ral des finances (CDF), garantissant la haute surveillance du Parlement.
  • ProtĂ©ger les dĂ©posants : Confier la surveillance des règles de conduite Ă  une autoritĂ© distincte, dont le mandat strict sera de prĂ©server la sphère privĂ©e, le secret professionnel et d’endiguer les ingĂ©rences injustifiĂ©es.
  • Verrouiller les deniers publics : Inscrire dans la Constitution un « seuil constitutionnel de secours » soumettant tout sauvetage financier d’urgence Ă  l’approbation de l’AssemblĂ©e fĂ©dĂ©rale et au rĂ©fĂ©rendum.
  • Sanctuariser l’économie rĂ©elle (Swiss First Resolution) : Assurer la prioritĂ© absolue de remboursement des dĂ©pĂ´ts nationaux, des caisses de pension (2ème pilier) et des PME helvĂ©tiques face aux crĂ©anciers spĂ©culatifs internationaux.

Restaurer la souveraineté helvétique

La décision du TAF dans l’affaire VP Bank est un signal d’alarme salutaire. Elle démontre que la dérive bureaucratique de la FINMA n’est pas seulement économiquement nuisible, elle est juridiquement infondée.

La force historique de la Suisse n’a jamais reposé sur la centralisation du pouvoir réglementaire ou sur la soumission à des dogmes administratifs exogènes. Elle repose sur la responsabilité, la décentralisation et la primauté du droit démocratique.

En août 2026, nos parlementaires ont le devoir de siffler la fin de la récréation pour la technocratie financière. Il ne s’agit plus de réformer la FINMA, il s’agit de la remplacer pour restaurer la souveraineté de la Confédération et protéger les citoyens suisses.

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