🇨🇭 Genève : l’impunitĂ© en col blanc ? Quand l’État recrute un ancien condamnĂ© comme « dĂ©lĂ©guĂ© au numĂ©rique »

17 juillet 2026

C’est une annonce qui a fait l’effet d’une dĂ©flagration dans le paysage politique et mĂ©diatique genevois. Le 25 juin 2026, le canton de Genève officialisait la nomination de son nouveau dĂ©lĂ©guĂ© au numĂ©rique : GrĂ©goire Barbey. Un poste clĂ©, censĂ© incarner l’Ă©thique, la transparence et l’avenir technologique de la rĂ©publique.

Pourtant, derrière les communiquĂ©s lisses et les fĂ©licitations d’usage, la rĂ©alitĂ© contractuelle et judiciaire de cette nomination soulève une question dĂ©mocratique majeure : quels sont les critères d’exemplaritĂ© de l’État de Genève pour ses hauts fonctionnaires ?

Le grand écart éthique de la fonction publique

Dans son communiquĂ© officiel, l’État de Genève ne tarit pas d’Ă©loges sur son nouveau collaborateur, louant son « expertise pointue » et sa capacitĂ© Ă  « inscrire la transformation numĂ©rique au cĹ“ur du dĂ©bat public ».

Mais ce portrait idyllique omet volontairement une ombre de taille. En 2016, comme le rĂ©vĂ©lait Ă  l’Ă©poque le quotidien Le Temps, GrĂ©goire Barbey a Ă©tĂ© condamnĂ© par la justice vaudoise Ă  18 mois de prison avec sursis pour des faits graves : contraintes, menaces et violences rĂ©pĂ©tĂ©es Ă  l’encontre de sa compagne de l’Ă©poque.

Comment un État qui prĂ©tend faire de la lutte contre les violences domestiques et de l’intĂ©gritĂ© de ses cadres une prioritĂ© absolue peut-il confier un poste de premier plan Ă  un homme condamnĂ© pour de tels actes ?

Le système « Heidi.news » : Subventions publiques et chasse aux sorcières

Pour comprendre cette trajectoire, il faut se pencher sur le rĂ´le d’Heidi.news, l’officine mĂ©diatique oĂą GrĂ©goire Barbey a officiĂ©. Largement soutenue par l’argent du contribuable Ă  travers diverses subventions et aides aux mĂ©dias, cette plateforme s’est spĂ©cialisĂ©e dans la traque et le fichage des voix dissidentes, labellisĂ©es d’office « complotistes ».

Sous couvert de « fact-checking » et de dĂ©fense de la science, des journalistes comme GrĂ©goire Barbey ont menĂ© des campagnes de dĂ©crĂ©dibilisation systĂ©matiques contre les lanceurs d’alerte, Ă  l’instar de ChloĂ© Frammery, ancienne enseignante de mathĂ©matiques au DIP.

Le paradoxe est total :

  • D’un cĂ´tĂ©, des journalistes subventionnĂ©s qui usent de leur plume pour disqualifier les citoyens critiques.
  • De l’autre, un retour d’ascenseur institutionnel sous la forme d’un poste prestigieux au sein de l’appareil d’État.

Le double châtiment des lanceurs d’alerte

Le cas de ChloĂ© Frammery illustre jusqu’Ă  l’absurde le fonctionnement de cette justice Ă  deux vitesses. Poursuivant GrĂ©goire Barbey et Serge Michel (directeur de publication d’Heidi.news) pour calomnie et diffamation, la lanceuse d’alerte s’est heurtĂ©e au mur de l’acquittement le 1er octobre 2024.

Non seulement les journalistes ont Ă©tĂ© blanchis, mais l’État de Genève a pris en charge leurs frais de dĂ©fense. Aujourd’hui, par un tour de passe-passe procĂ©dural rĂ©voltante, c’est la victime de ces campagnes de presse qui se retrouve sommĂ©e de rembourser les frais d’avocat de ses propres dĂ©tracteurs.

Une République déconnectée de ses citoyens

Cette nomination n’est pas seulement une erreur de casting ; elle est le symptĂ´me d’un entre-soi dĂ©lĂ©tère. Elle envoie un message dĂ©sastreux Ă  la population genevoise : peu importe votre passĂ© judiciaire ou la violence de vos actes passĂ©s, tant que vous servez le narratif officiel, les portes du pouvoir vous resteront grandes ouvertes.

Les Genevois, qui financent par leurs impĂ´ts aussi bien les subventions d’Heidi news que le salaire du nouveau dĂ©lĂ©guĂ© au numĂ©rique, sont en droit d’exiger des comptes. L’Ă©thique publique ne peut pas ĂŞtre Ă  gĂ©omĂ©trie variable.

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