🇨🇭 L’Inversion des rôles : Quand l’exigence d’assimilation est criminalisée

Il est une rhĂ©torique devenue tristement mĂ©canique : dès lors qu’un peuple europĂ©en s’inquiète de la mĂ©tamorphose de son paysage urbain, de la remise en cause de ses mĹ“urs ou de l’omniprĂ©sence d’une religiositĂ© politique, le couperet tombe. « Racisme ». Ce mot, autrefois rĂ©servĂ© aux thĂ©ories de la hiĂ©rarchisation des races, est aujourd’hui dĂ©voyĂ© pour servir de bouclier immunitaire Ă  ceux qui refusent d’adopter les codes de la terre qui les accueille. Ce chantage moral, souvent orchestrĂ© par des rĂ©sidents opportunistes ou des observateurs installĂ©s dans des thĂ©ocraties moyen-orientales, vise Ă  paralyser toute critique lĂ©gitime de mĹ“urs incompatibles avec l’esprit rĂ©publicain ou helvĂ©tique.

Le confort du procès en racisme contre l’effort d’intĂ©gration

L’explication de cette posture est essentiellement tactique. Pour une partie de l’immigration contemporaine, guidĂ©e par des impĂ©ratifs strictement Ă©conomiques, le pays d’accueil n’est plus une patrie d’adoption dont on embrasse l’histoire et les valeurs, mais un simple guichet social et un espace de prospĂ©ritĂ© Ă  exploiter. L’intĂ©gration demande un effort d’effacement de soi ; l’assimilation exige un renoncement partiel Ă  des coutumes d’origine pour se fondre dans le collectif confĂ©dĂ©ral.

Faute de vouloir accomplir ce chemin, l’inversion accusatoire devient l’arme idĂ©ale. Critiquer le voile comme outil de sĂ©grĂ©gation sexuelle ? Racisme. S’indigner de l’abattage rituel sans Ă©tourdissement, pourtant interdit en Suisse depuis 1893 au nom de la protection animale ? Racisme. Refuser le communautarisme alimentaire ou le sĂ©paratisme de mĹ“urs qui relègue la femme Ă  un statut subordonnĂ© ? Toujours le racisme.

Comme le notait avec une implacable lucidité le philosophe Alain Finkielkraut :

« On est passĂ© de la lutte contre le racisme Ă  la criminalisation de l’identitĂ© nationale. L’antiracisme est devenu le moyen d’intimider ceux qui s’inquiètent du dĂ©litement de leur culture. »

La contradiction des donneurs de leçons du désert

Le paradoxe atteint des sommets d’hypocrisie lorsque ces leçons de morale proviennent d’individus installĂ©s dans les pays du Golfe ou en Arabie Saoudite. Ces nations appliquent un modèle de souverainetĂ© identitaire et religieuse exclusif, oĂą le travailleur Ă©tranger est un simple rouage Ă©conomique jetable, privĂ© de droits politiques, soumis au système strict du parrainage (kafala), et oĂą toute manifestation publique d’une foi autre que l’islam officiel est proscrite.

Voir des rĂ©sidents de ces rĂ©gimes ultra-protectionnistes s’offusquer de la volontĂ© des EuropĂ©ens de dĂ©fendre la laĂŻcitĂ©, l’Ă©galitĂ© hommes-femmes ou la discrĂ©tion religieuse relève de l’aveuglement idĂ©ologique ou de la provocation. Ils exigent chez nous une tolĂ©rance absolue qu’ils n’appliqueraient jamais chez eux.

L’Ă©crivain algĂ©rien Kamel Daoud rĂ©sumait parfaitement cette asymĂ©trie culturelle face Ă  l’incapacitĂ© de certains Ă  penser l’altĂ©ritĂ© sans domination :

« Le monde occidental est le lieu où l’on va se réfugier, mais c’est aussi le lieu qu’on accuse d’être la cause de nos malheurs. On veut son confort tout en rejetant sa culture. »

Les mœurs ne sont pas négociables

Ce que les tenants du multiculturalisme feignent de ne pas comprendre, c’est que la culture occidentale n’est pas une page blanche. Nos mĹ“urs — le statut de la femme, le refus du fondamentalisme, le respect du droit des animaux face aux archaĂŻsmes rituels — sont le fruit de siècles de luttes, de Lumières et de compromis historiques. Elles constituent notre ordre public esthĂ©tique et moral.

Lorsque l’écrivain Boualem Sansal prévient que « l’islamisme se nourrit de notre aveuglement et de notre tolérance mal comprise », il désigne précisément ce piège : celui d’une démocratie qui, par peur d’être jugée intolérante, accepte l’implantation de structures religieuses et politiques conçues pour la détruire.

Conclusion : Retrouver la fierté de nos exigences

La Suisse et les nations europĂ©ennes n’ont aucun compte Ă  rendre Ă  ceux qui les squattent ou les observent avec condescendance depuis le confort de pays tiers. L’hospitalitĂ© n’est pas un suicide culturel. Si nos lois, nos mĹ“urs, nos traditions culinaires ou notre vision de la libertĂ© dĂ©plaisent, personne n’est retenu de force.

Il est temps de poser un principe clair et non nĂ©gociable : quiconque choisit de vivre sur notre sol doit s’y adapter sans rĂ©serve, sous peine de s’exclure lui-mĂŞme de la communautĂ© confĂ©dĂ©rale. La souverainetĂ© ne consiste pas Ă  s’excuser d’exister, mais Ă  exiger le respect de ce que nous sommes.

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