Venezuela : quand le dollar vacille, les Marines parlent

Quand une superpuissance envoie ses soldats pour “exfiltrer” un chef d’État, ce n’est pas une opération de police : c’est un aveu de faiblesse. L’alibi “drogue” sert de décor moral, mais le scénario est toujours le même : ressources stratégiques, contrôle monétaire, dollar d’abord. Le Venezuela n’est pas une exception — c’est la version 2026 d’un réflexe impérial : quand le billet vert perd sa magie, Washington ressort la force. Et si vous croyez que cela ne nous concerne pas, relisez l’ultimatum sur l’or suisse : même logique, même empire, mêmes méthodes.

Le 3 janvier 2026, Washington a franchi un seuil : une opération militaire au Venezuela s’est soldée par la capture de Nicolás Maduro et son transfert vers les États-Unis, sous habillage « guerre contre la drogue ».

Ce n’est pas un “événement” : c’est un aveu. Quand une puissance doit arracher un chef d’État étranger à son territoire pour “sauver l’ordre”, c’est que son ordre n’est plus consensuel — il est imposé.

Et ce qui est imposé, derrière le décor moral, porte un nom : la survie d’un système monétaire fiat qui ne tient plus par la confiance… mais par la contrainte.

1) La « drogue » : un alibi commode, pas une base de droit

L’argument officiel est connu : Maduro est visé par des poursuites américaines (narcotrafic/narcoterrorisme), et l’opération serait une extension musclée de cette logique.

Sauf que même sur le terrain du droit international, des juristes et diplomates décrivent déjà l’opération comme une agression et une violation de souveraineté, précisément parce que des accusations pénales ne créent pas un droit d’invasion.

Quand l’éthique sert de prétexte au recours à la force, ce n’est plus de la justice : c’est de la domination habillée en vertu.

2) 303 milliards de barils : la vraie raison tient sous la terre

Le Venezuela détient 303 milliards de barils de réserves prouvéesles plus grandes au monde — et environ 17% des réserves mondialesselon des estimations récentes.

Ce chiffre écrase tout le reste. Et il explique aussi pourquoi, dès l’annonce de la capture, les marchés et les observateurs parlent déjà de “retour” des compagnies et d’un basculement du secteur.

Trump, lui, ne s’en cache même pas : il a publiquement parlé d’“exploiter” l’or noir vénézuélien et d’“administrer” le pays.

Ce n’est plus une croisade morale : c’est une confession de prédation.

3) Le nerf de la guerre : protéger l’empire du dollar

On vous dira “drogue”, “démocratie”, “stabilité”. Le vrai sujet, c’est la monnaie.

Oui, le “pétrodollar” n’est pas un traité unique gravé dans le marbre. Des experts rappellent qu’il n’existe pas de pacte formel simple “tout le pétrole doit être vendu en dollars” — c’est plutôt un système(facturation, recyclage des excédents en actifs US, sécurité, alliances) qui a rendu le dollar central.

Mais justement : un système se défend quand il est menacé.

Or le Venezuela a, depuis des années, multiplié les signaux de contournement (dé-dollarisation, règlements alternatifs, rapprochement avec la Chine). Il a notamment encouragé des mécanismes de paiement et de cotation moins dépendants du dollar, y compris via la Chine.

Et pendant que Washington brandit SWIFT et les sanctions, Pékin construit des rails : CIPS (paiements transfrontaliers en RMB) compte 190 participants directs et 1’567 indirects(fin 2025).

Côté banques centrales, des projets comme mBridgevisent explicitement à réduire les frictions des paiements transfrontaliers (et donc la dépendance aux infrastructures occidentales), même si leurs promoteurs nient en faire un outil “anti-sanctions”.

Traduction : le monopole du dollar recule par la technique, pas par les discours. Et quand la technique avance, l’empire réagit par le vieux réflexe : la force.

4) Le schéma historique : morale officielle, objectif monétaire

Ce scénario n’est pas nouveau :

  • Irak (2000) : Bagdad obtient l’accord de l’ONU pour vendre son pétrole du programme “oil-for-food” en euros.
  • Irak (2003): invasion justifiée par des “armes de destruction massive” qui ne seront pas retrouvées comme stock opérationnel ; le rapport final de l’Iraq Survey Group conclut à l’absence de stocks significatifs au moment de l’invasion.

On peut débattre des causes exactes, des responsabilités multiples, des erreurs et des cynismes. Mais la mécanique de communication, elle, est constante : on vend une morale, on récolte un levier stratégique.

5) Le lien avec l’or et la Confédération : même logique, autre théâtre

Notre tribune sur l’or suisse visait juste : quand Washington met la main sur un actif réel, il met la main sur un pouvoir.

La Confédération est un hub mondialdu métal : la BNS et des analyses officielles rappellent que des raffineries majeures en Suisse fournissent une part très importante de l’or raffiné mondial (les estimations varient fortement selon qu’on parle d’or “nouvellement miné” ou de l’ensemble des flux raffinés).

Et ces dernières années, la question “or–tarifs–pression américaine” est déjà entrée dans l’actualité économique suisse.

Pétrole (Venezuela) ou or (Suisse), c’est le même nerf :

  • contrôler la chaîne (extraction/raffinage/flux),
  • contrôler la norme (juridiction, sanctions),
  • contrôler la monnaie de règlement (dollar ou rien).

Conclusion : une monnaie qui a besoin de bombes n’est plus une monnaie — c’est un ordre de paiement

L’affaire Maduro n’est pas seulement une opération. C’est un message envoyé au monde :

“Défiez le dollar, et vous verrez jusqu’où nous irons.”

Et c’est précisément pour cela que la Confédération doit tenir sa ligne : actifs réels, souveraineté monétaire, infrastructures nationales, refus de l’extraterritorialité imposée.

Car l’impérialisme moderne ne commence pas par les chars. Il commence par la monnaie — et se termine par la force quand la monnaie ne suffit plus.

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