Deux millions d’habitants en plus en vingt ans. Des retraites toujours sous pression. Des loyers qui explosent. Des infrastructures saturées. Et malgré cela, on ose encore nous expliquer que toujours plus d’immigration serait la solution à tous nos problèmes. L’argumentaire de la FER sur la « Suisse à 10 millions » mérite d’être démonté point par point.
Quand les lobbies patronaux n’ont plus d’arguments solides, ils ressortent toujours les mêmes épouvantails : retraites, hôpitaux, accès au marché européen, “main-d’œuvre indispensable”.
L’analyse de la Fédération des entreprises romandes sur l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions » illustre parfaitement cette mécanique de peur. Problème : ses fondements économiques sont fragiles, ses raccourcis dangereux, ses conclusions idéologiques.
1. Le mensonge central : plus d’immigration = plus de financement de l’AVS
On nous répète que sans immigration massive, l’AVS s’effondre. C’est faux.
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Entre 2002 et 2024, la population suisse a augmenté de +2 millions d’habitants, principalement par immigration.
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Sur la même période, l’AVS est toujours structurellement déficitaire.
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Pourquoi ? Parce que :
⮕ L’immigration retarde artificiellement un problème qu’elle aggrave à long terme.
Un système de retraite sain repose sur la productivité, les salaires réels, l’investissement et la natalité — pas sur un robinet migratoire permanent.
2. Le faux dilemme : plafonner = « rompre avec l’Europe »
La FER affirme que limiter la population revient à « rompre avec l’Europe » et mettre en danger les bilatérales. C’est un chantage juridique.
La Suisse exportait déjà massivement vers l’UE avant la libre circulation.
L’UE exporte davantage vers la Suisse que l’inverse.
Notre marché est stratégiquement solvable, rare et stable : l’UE n’a aucun intérêt rationnel à le fermer.
⮕ Ce que l’on appelle « accès au marché » est devenu un outil de soumission politique, pas un rapport commercial équilibré.
3. Santé, construction, transport : la dépendance organisée
On nous dit que ces secteurs « ne peuvent pas fonctionner sans travailleurs européens ». C’est partiellement vrai — parce que le dumping salarial les a rendus dépendants.
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Sous-pression migratoire :
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Puis on justifie l’importation permanente de main-d’œuvre… pour compenser les dégâts du dumping initial.
⮕ Ce n’est pas une fatalité économique, c’est un modèle organisé.
4. Infrastructures saturées, logements introuvables : la grande omission de la FER
La fédération ose prétendre que l’initiative n’offre « aucune réponse » aux infrastructures saturées.
En réalité, c’est l’immigration incontrôlée qui a créé la saturation :
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Explosion des loyers
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Bétonisation accélérée
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Transports saturés
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Pression scolaire, médicale, énergétique
Refuser de voir le lien entre flux démographiques massifs et déséquilibres structurels relève soit de l’aveuglement, soit de la mauvaise foi.
5. Le vrai non-dit : la Suisse n’est plus pilotée pour ses citoyens
Derrière ce discours, une réalité simple :
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La Suisse est gérée comme une plateforme économique
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Non plus comme une nation
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La démographie devient une variable d’ajustement pour maintenir :
⮕ Une population n’est pas une matière première.
Conclusion
L’initiative « Pas de Suisse à 10 millions » ne menace pas la prospérité.
Elle remet en cause un modèle de croissance artificielle fondé sur :
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la pression migratoire
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le dumping social
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l’endettement des infrastructures
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et la dilution progressive de la souveraineté populaire
Le véritable danger pour la Suisse n’est pas de fixer une limite démographique.
Le vrai risque, c’est de ne plus en fixer aucune.