PLR : la trahison tranquille de la Confédération

On nous parle de continuité, de pragmatisme et de « rien ne change ». En réalité, c’est une manœuvre d’une gravité exceptionnelle qui se déroule sous nos yeux : l’absorption silencieuse du droit européen dans l’ordre juridique suisse, sans vote populaire et sans débat honnête. Au cœur de ce processus, un parti joue un rôle central depuis des années : le PLR. Cette tribune démonte le mécanisme, expose le double discours et pose la seule question qui vaille encore : jusqu’où peut-on aller dans le contournement de la souveraineté populaire sans trahir la Confédération ?

 

Il y a des trahisons bruyantes.

Et il y a les plus dangereuses : celles qui se font à voix basse, dans les commissions, les notes techniques et les adaptations juridiques prétendument « inévitables ».

La manœuvre d’absorption progressive du droit européen dans le droit suisse n’est pas un accident récent, ni une dérive ponctuelle liée aux Bilatérales III. Elle constitue une stratégie ancienne, méthodique et assumée, à laquelle le PLR a non seulement consenti, mais qu’il a souvent portée, facilitée et normalisée.

Aujourd’hui, le masque tombe.

La grande imposture : “rien ne change”

Dans ses réunions internes comme dans ses éléments de langage publics, le PLR martèle une affirmation devenue centrale :

« Les Bilatérales III ne changent rien. »

Cette phrase n’est pas une erreur.

C’est une confession.

Car si « rien ne change », c’est bien parce que l’intégration juridique silencieuse est déjà à l’œuvre depuis des années : reprise dynamique de normes, alignements anticipés, jurisprudence importée, contournement systématique du vote populaire par le droit dit « technique ».

Le PLR ne nie pas la dérive.

Il la banalise.

Une violation du cœur constitutionnel suisse

La Confédération helvétique est fondée sur trois piliers indissociables :

  • la souveraineté populaire,

  • la démocratie directe,

  • la primauté constitutionnelle.

Or que fait le PLR ?

Il soutient — ou laisse faire — une mécanique par laquelle :

  • des normes étrangères s’imposent sans vote,

  • des évolutions juridiques majeures échappent au référendum,

  • des compétences confédérales sont redéfinies hors mandat populaire.

Cela ne relève pas du pragmatisme.

Cela relève du contournement démocratique.

Comme le rappelait déjà Jean-Jacques Burlamaqui, figure majeure de la pensée politique genevoise :

« Un peuple n’est libre que tant qu’il consent lui-même aux lois auxquelles il obéit. »

Le PLR organise exactement l’inverse.

Le double discours permanent

Officiellement, le PLR se prétend :

  • défenseur de la liberté,

  • garant des institutions,

  • héritier du libéralisme politique suisse.

Dans les faits, il accompagne :

  • la montée en puissance d’une technostructure confédérale autonome,

  • l’affaiblissement du Parlement au profit de l’administration,

  • la substitution du droit populaire par la conformité réglementaire.

Ce double discours n’est plus tenable.

On ne peut pas invoquer la démocratie directe le dimanche,

et la neutraliser le lundi par des “ajustements juridiques” prétendument non politiques.

La responsabilité historique du PLR

Il faut le dire clairement :

le PLR porte une responsabilité centrale dans l’érosion silencieuse du modèle confédéral suisse.

Par conformisme européen.

Par fascination technocratique.

Par renoncement idéologique.

À force de présenter la souveraineté populaire comme un obstacle,

et la démocratie directe comme un risque à “encadrer”,

le PLR a cessé d’être un parti institutionnel suisse pour devenir un parti d’accompagnement du dessaisissement démocratique.

Conclusion : on ne trahit pas impunément la Confédération

Il arrive un moment où les faux-semblants ne suffisent plus.

Le PLR a franchi cette ligne.

Lorsqu’un parti :

  • banalise la reprise de normes étrangères,

  • contourne systématiquement le peuple,

  • et affirme que “rien ne change” alors que tout se déplace hors contrôle démocratique,

il ne commet pas une erreur stratégique.

Il trahit la Confédération.

La Suisse n’a pas été bâtie par des gestionnaires d’alignement,

mais par des citoyens jaloux de leurs droits, de leurs votes et de leur liberté politique.

La souveraineté populaire n’est pas négociable.

La démocratie directe n’est pas un obstacle à gérer.

Et la Confédération n’appartient ni aux partis, ni aux administrations, ni aux normes importées.

Le peuple suisse finira par demander des comptes.

Et ce jour-là, le “rien ne change” du PLR résonnera pour ce qu’il est réellement :

l’aveu d’une trahison tranquille, mais profonde.

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